Arrow of the Wind: On Artists and Healers réunit des artistes pour lesquels l’art et la guérison ne constituent pas des domaines distincts, mais des forces qui se nourrissent mutuellement et des pratiques vivantes : l’un nourrit l’autre, et tous deux prennent naissance dans le savoir incarné, l’intelligence somatique et des relations profondes avec la terre et les communautés. À l’intersection des pratiques de guérison traditionnelles et des soins de santé contemporains, les artistes placent les sens au cœur de leurs pratiques créatives et restauratrices. Les cinq sens classiques s’élargissent pour former une écologie sensorielle plus vaste — englobant l’équilibre et l’orientation dans l’espace, la respiration et le mouvement, la conscience corporelle ainsi que des modes d’attention sensibles à l’intelligence propre aux lieux.
Les commissaires de Survival Kit 17 précisent :
« En ancrant ces savoirs au sein de l’exposition, nous retraçons des transmissions intergénérationnelles et de profondes généalogies — des mouvements artistiques féministes et communautaires de la fin du XXe siècle aux modes de création ancestraux et autochtones, dans lesquels l’art, le soin et la guérison étaient indissociables. Ces pratiques ont remis en question les définitions institutionnelles de l’art, ont aboli la frontière entre l’œuvre d’art et l’expérience vécue, et ont repositionné la guérison comme un médium artistique essentiel. »
Dans cet esprit, Elena Sorokina et Simona Markel Dvorák, avec l’Initiative for Practices and Visions of Radical Care, s’engagent en faveur d’un commissariat durable. Pour Survival Kit 17, cela implique notamment des modes de production responsables, des collaborations locales, l’utilisation de matériaux recyclables, une mobilité réduite et une participation active de la communauté. Il ne s’agit pas d’ajouts purement logistiques, mais de prolongements matériels d’une position épistémique — une volonté d’aligner la pratique curatoriale sur une approche relationnelle qui inclut le plus-qu’humain et de repenser l’exposition comme une écologie.
Solvita Krese, directrice du Centre letton d’art contemporain et fondatrice du festival Survival Kit, commente :
« Dans la situation géopolitique complexe que nous connaissons aujourd’hui, il devient de plus en plus difficile de maintenir un équilibre mental et émotionnel. La présence constante des guerres et leur escalade entraînent des souffrances physiques et des pertes toujours plus importantes. « Survival Kit 17 » place le soin au centre — un élément essentiel de la survie dans le monde d’aujourd’hui. Prendre soin les uns des autres est également un indicateur de la maturité d’une société. Nous avons véritablement besoin d’une société capable de prendre soin d’autrui et de faire preuve d’esprit critique, et l’art a toujours été un outil précieux pour stimuler ces processus. »
Cet événement artistique international annuel est organisé par le Centre letton d’art contemporain (LLMC). Partenaire : le Centre Pompidou, avec le soutien de l’Institut français.